La Thérapie des Schémas est une méthode psychothérapeutique créée il y a plus de trente ans par Jeffrey E. Young et col. à New York, dans le but de traiter les troubles de la personnalité. Initialement, elle avait été dénommée “Thérapie cognitive centrée sur les Schémas”. Cette dénomination voulait signifier l’intention de développer la thérapie cognitive pour traiter les troubles de la personnalité, en mettant l’accent sur les Schémas Précoces Inadaptés.

Avec l’expérience acquise au travers du traitement  des troubles de personnalité les plus sévères – tels que le trouble de personnalité borderline – les auteurs ont introduit le concept de Modes de Schémas[i]. Ce concept nouveau a fini par devenir essentiel en Thérapie des Schémas pour la conceptualisation et le traitement de ces troubles sévères. Le traitement a essentiellement pour but de soigner le Mode Enfant Vulnérable, qui souffre de troubles de l’attachement depuis l’enfance du patient. Puis, de nouveaux Modes ont pu être identifiés pour l’abord clinique des troubles de personnalité antisociaux: le Mode Agresseur Brutal, le Mode Prédateur, le Mode Manipulateur-Escroc. [ii] Les patients apprécient la conceptualisation en termes de Modes, car ils s’y sentent beaucoup mieux reconnus et qu’ils peuvent comprendre comment leur comportement change lors de l’activation de chacun des différents modes.

La Thérapie des Schémas peut être appliquée à la plupart des troubles de personnalité, ainsi qu’à d’autres troubles psychiatriques. Une étude récente [iii] a montré son efficacité dans les troubles de personnalité obsessif-compulsifs, évitants, dépendants, histrioniques, narcissiques et paranoïaques. Depuis son développement, la Thérapie des Schémas a été validée scientifiquement dans plusieurs études cliniques. Une étude importante[iv] a comparé la Thérapie Centrée sur le Transfert de Kernberg avec la Thérapie des Schémas. Cette étude a montré la supériorité de la Thérapie des Schémas sur toutes les mesures utilisées pour le suivi des patients. Une méta-analyse récente portant sur 72 études réalisées entre 1990 et 2015 (avec un total de 4463 patients et portant sur 16 types de psychothérapie différentes) a conclu que la Thérapie des Schémas avait le plus faible taux d’abandon de traitement (10% seulement  à un an), bien inférieur à celui de toutes les autres approches.[v]

 


[i] Young J.E., Klosko J. et Weishaar M. – La thérapie des schémas, approche cognitive des troubles de la personnalité. De Boeck, Bruxelles, 2005.

[ii] Bernstein D., Arntz A. et De Vos M. - Schema Focused Therapy in Forensic Settings: Theoretical Model and Recommendations for Best Clinical Practice. International Journal of Forensic Mental Health, 2007, 6, 2, 169-183

[iii] Bamelis L. et al. - Results of a Multicenter Randomized Controlled Trial of the Clinical Effectiveness of Schema Therapy for Personality Disorders. Am J Psychiatry 2014; 171:305–322

[iv] Giesen-Bloo J. et al. – Outpatient psychotherapy for borderline personality disorder. Arch Gen Psychiatry. 2006;63:649-658

[v] Arntz A. – Communication orale au congrès de l’International Society for Schema Therapy (ISST), Vienne, Autriche, 30 juin 2016. (Non publié).